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Le véritable rendement d’un investissement immobilier : pourquoi la rentabilité locative ne suffit pas

Bertrand de Patrimm
Bertrand de Patrimm

Lorsqu’un investisseur commence à comparer des biens immobiliers, l’un des premiers chiffres qu’il regarde est généralement la rentabilité locative.

« Ce bien rapporte 7 %. »

« Celui-ci seulement 5,5 %. »

À première vue, le choix semble évident.

Pourtant, deux investissements affichant exactement la même rentabilité locative peuvent produire des résultats patrimoniaux radicalement différents.

Pourquoi ?

Parce que la rentabilité locative n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer la performance réelle d’une opération, ni son risque, ni son impact sur votre patrimoine.

Un investissement immobilier doit être analysé comme un ensemble : prix d’acquisition, travaux, financement, fiscalité, charges, vacance locative, évolution du bien, financement du projet et valeur de revente.

1. La rentabilité brute : un premier indicateur, pas une conclusion

La rentabilité brute est généralement calculée de manière simple :

Loyer annuel ÷ prix d’acquisition × 100

Un appartement acheté 150 000 € et loué 900 € par mois génère 10 800 € de loyers annuels.

Sa rentabilité brute est donc :

10 800 ÷ 150 000 = 7,2 %

Le chiffre est intéressant.

Mais il ne tient pas compte des frais de notaire, des travaux, des charges non récupérables, de l’assurance, de la fiscalité, de la vacance locative ou encore des frais de gestion.

Si le coût réel de l’opération atteint finalement 180 000 €, la lecture change déjà.

10 800 ÷ 180 000 = 6 %

La première erreur consiste donc à comparer des rentabilités calculées sur des bases différentes.

2. Le coût total de l’opération est essentiel

Le véritable prix d’un investissement n’est pas nécessairement le prix affiché sur l’annonce.

Il faut intégrer :

  • prix d’achat ;
  • frais de notaire ;
  • travaux ;
  • frais bancaires ;
  • éventuels frais d’intermédiaire ;
  • mobilier ;
  • assurance ;
  • frais de création ou de transformation ;
  • éventuels coûts liés à la copropriété ;
  • trésorerie nécessaire au lancement de l’exploitation.

C’est ce montant global qui doit servir de base à l’analyse.

Un appartement affiché à 120 000 € peut ainsi représenter une opération à 160 000 € une fois l’ensemble des coûts intégré.

3. La rentabilité nette apporte déjà une information plus pertinente

Une fois les charges prises en compte, on obtient une vision plus réaliste du rendement.

Il faut notamment examiner :

  • charges de copropriété non récupérables ;
  • taxe foncière ;
  • assurance ;
  • entretien ;
  • gestion locative ;
  • périodes de vacance ;
  • petits travaux ;
  • frais de location ;
  • fiscalité selon le régime retenu.

Cette étape permet de distinguer une opération qui « affiche » une rentabilité élevée d’une opération qui génère réellement une performance intéressante.

4. Le cash-flow raconte une autre histoire

Le cash-flow mesure la différence entre les revenus générés par le bien et les sorties de trésorerie liées à son exploitation et à son financement.

Un investissement peut donc être rentable tout en demandant un effort d’épargne mensuel.

Inversement, un bien affichant une rentabilité locative moins élevée peut produire un cash-flow plus favorable selon son financement, sa fiscalité et ses charges.

C’est pourquoi il faut toujours séparer deux questions :

Le bien est-il rentable ?

et

Que me coûte réellement cet investissement chaque mois ?

Ce ne sont pas les mêmes questions.

5. Le financement modifie profondément la performance

L’immobilier possède une particularité : il peut être financé avec une part importante de dette.

C’est ce qui rend l’effet de levier particulièrement important.

Supposons qu’un investisseur mobilise 30 000 € de fonds propres pour contrôler un actif de 150 000 €.

La performance du bien ne doit alors pas être regardée uniquement par rapport aux 150 000 € de valeur du bien.

Il faut également analyser la performance du capital réellement mobilisé par l’investisseur.

Mais l’effet de levier fonctionne dans les deux sens.

Lorsque l’opération fonctionne correctement, il peut amplifier la performance des fonds propres.

Lorsque les hypothèses sont mauvaises, il peut également amplifier les difficultés.

6. La fiscalité peut transformer le résultat

Deux biens identiques ne produiront pas nécessairement le même résultat après fiscalité.

Le régime fiscal, le niveau de revenus de l’investisseur, le type de location, la structure de détention et les dépenses déductibles peuvent modifier considérablement le résultat.

La fiscalité ne doit donc pas être utilisée pour « sauver » une mauvaise opération.

Elle doit être intégrée à l’analyse globale.

Un investissement qui n’est intéressant qu’en présence d’un avantage fiscal particulièrement favorable mérite une vigilance supplémentaire.

7. Et puis il y a la valeur créée

C’est probablement l’un des éléments les plus sous-estimés.

Une opération immobilière ne se résume pas toujours au rendement locatif.

L’investisseur peut créer de la valeur grâce à :

  • une rénovation ;
  • une meilleure distribution des pièces ;
  • une division pertinente ;
  • une amélioration énergétique ;
  • une optimisation de la surface ;
  • une meilleure exploitation locative ;
  • une négociation du prix ;
  • une transformation de l’usage.

La question devient alors :

Combien de valeur puis-je créer par rapport au capital investi ?

C’est une approche beaucoup plus intéressante que la simple comparaison des loyers.

8. Le TRI apporte une vision dans le temps

Le TRI, ou taux de rendement interne, permet d’intégrer la dimension temporelle de l’investissement.

Il peut prendre en compte :

  • l’investissement initial ;
  • les flux de trésorerie ;
  • les travaux ;
  • les loyers ;
  • les remboursements ;
  • la fiscalité ;
  • la revente ;
  • la récupération du capital.

C’est donc un indicateur particulièrement intéressant pour comparer des scénarios.

Mais là encore, il ne doit pas être utilisé seul.

Un TRI élevé obtenu grâce à des hypothèses très optimistes n’est pas nécessairement préférable à un TRI légèrement inférieur obtenu avec des hypothèses prudentes.

9. Le véritable rendement est patrimonial

La bonne question n’est donc pas :

« Combien rapporte cet appartement ? »

Mais plutôt :

« Que va réellement apporter cette opération à mon patrimoine ? »

Cela suppose de regarder simultanément :

  • la rentabilité ;
  • le cash-flow ;
  • le capital investi ;
  • le financement ;
  • le risque ;
  • la fiscalité ;
  • la liquidité ;
  • la création de valeur ;
  • la perspective de revente ;
  • la concentration du patrimoine.

C’est cette combinaison qui permet de passer d’une logique de « produit immobilier » à une véritable logique d’investissement.

Conclusion

La rentabilité locative est un excellent point de départ.

Mais elle ne doit jamais être le point d’arrivée.

Un investissement immobilier performant n’est pas simplement celui qui affiche le meilleur pourcentage de rendement.

C’est celui qui présente un équilibre cohérent entre rendement, risque, financement, création de valeur et stratégie patrimoniale.

Deux biens à 7 % peuvent ainsi produire deux résultats complètement différents.

Et parfois, le bien qui affiche le rendement le plus faible est celui qui construit le meilleur patrimoine.

Chez Patrimm, nous considérons donc l’immobilier non comme un simple produit à acheter, mais comme une composante d’une stratégie patrimoniale globale.

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